Place Ernest Pillon 91310 LINAS

L’association Patrimoine et Traditions vous invite à (re)découvrir la Châtaigneraie de Linas, qui accueille provisoirement certains enfants de l’école des Sources sur le temps du midi.

L’Art Nouveau à la Châtaigneraie

Acquise par la commune de Linas en 1979, la Châtaigneraie accueille actuellement – de façon provisoire en raison de la Covid-19 -  une antenne du restaurant municipal pour certains enfants de l'école des Sources. L'occasion pour l'association Patrimoine et Traditions d'entrouvrir ses portes.

Demeure bourgeoise construite au XVIIIème siècle, elle a été modifiée au fil du temps. Dans les années 1890, son propriétaire Ernest Pillon, Maire de Linas, fait rajouter, côté jardin, une galerie au décor Art Nouveau comprenant des carrelages et des verrières à décors peints.

L'Art Nouveau désigne à la fois un mouvement artistique et un style qui se diffusa en Europe durant la période de la « Belle Époque » (1890-1914). Il se caractérise par l'inventivité, la présence de rythmes, couleurs, ornementations inspirées des arbres, des fleurs, des insectes, des animaux, et qui introduisent du sensible dans le décor quotidien.

En France, c’est surtout Hector Guimard qui l’incarne, au travers des bouches de métro parisien dont il est l’architecte, et l’École de Nancy, autour d’Emile Gallé. Céramiques, meubles, objets d’art, verreries, l’Art Nouveau offre un véritable univers esthétique. Lors de l’exposition universelle de 1900, des représentants de ce style s’illustrent, particulièrement : Louis Majorelle, Emile Gallé, René Lalique, Eugène Grasset…

La grande Guerre signe la fin des inspirations libres et volubiles de l’Art Nouveau. Il cèdera la place au style Art Déco qui, dans les années 1920, promeut un retour au classicisme.

Le mur du fond de la galerie de La Châtaigneraie, à droite des verrières, comporte un grand panneau en faïence d’ornementation appelée « Majolique » de la Manufacture de Sarreguemines (marque en bas à droite) qui peut être attribué au dessinateur Carl Joseph Schuller. Il représente Saint Georges combattant le dragon. Personnage totalement légendaire, Georges, officier romain, vint à traverser Trébizonde, contrée terrorisée par un dragon exigeant un tribut quotidien de jeunes gens à dévorer ; le sort, ce jour-là, a désigné la princesse. Georges engage un combat acharné contre la bête qu'il transperce de sa lance et délivre ainsi la princesse, symbole de la victoire du bien sur le mal.

En face des verrières, quatre fresques murales en faïence de Sarreguemines rappellent les quatre saisons, elles reproduisent une œuvre célèbre du dessinateur Alphons Mucha. Les fenêtres de la galerie forment un ensemble de six verrières attribuées également à Schuller. Recourant à la technique de la grisaille, les vitraux évoquent des paysages aquatiques comprenant plantes, fleurs et oiseaux (perroquet, flamants roses, grues, cygnes…).

À l’extérieur, richement ouvragée, la balustrade couronne la galerie. La façade principale face à la rue de la Division Leclerc présente des verrières qui rendent hommage à deux rois de France en reproduisant leurs emblèmes : la salamandre pour François 1er et le porc-épic pour son beau-père Louis XII.

L'association Patrimoine et Traditions a en projet pour la fête de Linas fin juin - si l'épidémie nous en laisse le loisir - d'ouvrir les portes de la Châtaigneraie pour en faire connaître son histoire et découvrir les richesses de l'Art Nouveau qu'elle abrite.

Rédigé par André Lamblot, trésorier de Patrimoine et Traditions.